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L’iode

L’IODE

S’il y a bien une carence dont il faut se méfier, c’est bien celle de l’iode. Elément indispensable aux fonctions thyroïdiennes et par conséquent, vital pour l’organisme, l’état de carence dans la population mondiale est un enjeu important depuis de nombreuses années. Ainsi, prendre conscience de l’importance de surveiller ses apports en iode semble, aujourd’hui, d’une importance capitale et permettrait de prévenir contre de nombreux troubles et déséquilibres hormonaux et métaboliques. 

I Fonctions biologiques, état de carence et excès

Fonctions biologiques :

Il est fortement probable que la première fois que vous avez entendu parler de l’iode, c’était pour son rôle dans le bon fonctionnement de la thyroïde. En effet, 30% de l’iode du corps est contenu dans les glandes thyroïdiennes et sert à la synthèse de l’hormone T4 et de sa forme active, la T3 (les fameuses hormones thyroïdiennes). Sans rentrer dans les détails, la thyroïdes et ses hormones régulent des fonctions majeures de notre organisme (thermorégulation, métabolisme des protéines, lipides et glucides, fonctions cérébrales, fonctions reproductrices, cardiaques, musculaires, rénales, digestives, santé des phanères…)

En dehors de ses fonctions pour la thyroïde et ses hormones, l’iode joue un rôle dans de nombreuses autres fonctions :

  • Fonction antioxydante : L’iodure peut agir en tant que donneur d’électrons, en présence de peroxyde d’hydrogène, de peroxydase et de certains acides gras polyinsaturés, diminuant les dommages causés par les radicaux libres d’oxygène. Des concentrations d’iode, atteignables dans le sang humain, ont la même activité antioxydante que la vitamine C.

 

  • Prévention des cancers : L’iode a été identifié comme élément indispensable dans la protection contre le cancer de la thyroïde, du sein, de l’ovaire et de la prostate. En effet, toutes ces glandes contiennent de l’iode en concentration élevée. Ainsi, une carence en iode rend ces tissus vulnérables aux dégradations et au développement de cellules cancéreuses. 
  • Fonction hormonale : L’iode aide à synthétiser les hormones thyroïdiennes, ça on le sait. Mais il semblerait que l’iode a la capacité de relancer la sensibilité hormonale et donc d’améliorer la sensibilité à l’insuline. En effet, l’iode s’attache aux récepteurs de l’insuline et améliore le métabolisme du glucose.
  • Fonction antiseptiques (problèmes cutanée et infections fongiques) : Il semblerait que l’iode possède un effet antibiotique, antiviral et antifongique supérieur aux antibiotiques. L’iode est capable d’inhiber certains virus, champignons et levures comme le candida. Ce sont d’ailleurs des préparations à base d’iode qui sont utilisées en pré/post-opératoire comme agent aseptisant de la peau. 
  • Fonction protectrice contre la radioactivité et divers toxines et polluants environnementaux : Depuis l’explosion des réacteurs de Fukushima, les sols, l’eau et l’environnement en général ont été contaminés par l’iode radioactif. Bien que l’on n’y soit pas confronté directement, le bétail, les poissons et les plantes s’en imprègnent et se retrouvent contaminés à leur tour. Ainsi, ces contaminant remontent la chaîne alimentaire jusqu’à venir nous contaminer directement dans notre assiette. Or, l’iode (non radioactif) est capable d’inhiber les effets de l’iode radioactif.

 

Etat de carence :

Les études nous montrent que nous ne métabolisons pas tous l’iode de la même façon, que certaines personnes l’absorbent plus ou moins facilement. Cette inégalité dans l’accès à l’iode par l’organisme nous confronte directement aux problèmes de carence que l’on connait tous : l’hypothyroïdie.

Très répondue de nos jour, l’hypothyroïdie touche principalement les femmes même si de nombreux cas d’hommes sont recensés aujourd’hui. Les symptômes (fatigue, troubles émotionnels, constipation, manque d’appétit, prise de poids, frilosité, nausée, tension basse…) sont aussi divers que courants ce qui conduit souvent à une ignorance totale de cette carence. Il n’’y a que dans un cas extrême avec formation du fameux goître où là, l’existence d’une carence n’est plus à prouver.

Le manque d’apport en iode via l’alimentation est un problème qui touche de très nombreux pays. Pour palier le problème, l’OMS avait fait ajouter de l’iode au sel de table. Néanmoins, il s’avère que cet enrichissement n’est pas suffisant pour prévenir les carences dont beaucoup de personnes sont touchées sans même le savoir.

Mais les raisons de cette carence s’expliquent surtout par un problème environnemental. En effet, les sols sont pauvres en iode ce qui fait que peu d’aliments contiennent de l’iode. De plus, on retrouve partout des substances halogènes : chlore et fluor (eau potable), dentifrices (fluor), produits ménagés (chlore) … Or ces substances sont très similaires à l’iode et rentrent en compétition avec lui au niveau des récepteurs et prennent donc sa place sans assurer les mêmes rôles. Une exposition en excès à ces substances aura pour conséquence de chasser l’iode de l’organisme et d’en inhiber son utilisation.

NB : Pour éviter ça, il faut éliminer toutes les sources de chlore, fluor et brome. Remplacez votre dentifrice par du dentifrice sans fluor, laissez l’eau du robinet à l’air libre quelques heures pour que le chlore s’évapore, surveillez votre consommation de poissons gras riches en métaux lourds …

Excès d’iode :

Bien que l’état de carence soit courant dans notre société actuelle, l’excès d’iode est également un état auquel on peut être confronté. Cet excès se traduit le plus souvent par ce qu’on appelle une hyperthyroïdie c’est-à-dire un excès d’hormones thyroïdiennes. Cet état d’hyperthyroïdie se traduit par l’inverse des symptômes de l’hypothyroïdie dont on a parlé juste avant (tachycardie, nervosité, insomnie, hypersudation, amaigrissement …) Cette maladie est le plus souvent génétique mais elle peut également être favorisée lors d’un excès d’apport d’iode, surtout quand celui-ci est brutal (supplémentation trop rapide ou médicaments)

II Sources et recommandations alimentaires

  • L’eau: L’eau de boisson ne contient que 1 à 2µg d’iode/L. C’est donc une source pauvre puisqu’elle amène au maximum 10% de l’apport journalier recommandé en iode. Néanmoins, la concentration en iode d’une eau dépend de la concentration dans le sol et des pierres de la région où l’eau est issue. Ainsi, l’eau issue d’une source A n’aura pas la même concentration en iode qu’une eau issue d’une source B. Regardez toujours l’ionogramme des bouteilles d’eau que vous achetez pour vérifier leur teneur en minéraux et oligo-éléments

 

  • Les aliments : La concentration la plus élevée se trouve dans les produits de la mer (aiglefin, morue, langoustine, homard …) (ex : 8mg/kg dans l’huile de foie de morue, 341 µg/kg dans le saumon). Les algues (Wakame, Nori, Mekabu) constituent également un apport très intéressant en iode même si ces dernières ne sont pas consommées dans une alimentation courante. Les autres sources sont les œufs (93µg/kg), le lait (brebis, chèvre, vache : 35µg/kg), la viande (Bacon, bœuf, porc), les céréales (seigle, avoine, maïs, riz) et certains légumes (épinard, cresson, chou, asperge, pomme de terre…). Les éleveurs donnent de l’iode à leurs animaux pour les protéger des infections. Ainsi, l’iode se retrouve dans les produits animaux que nous consommons mais cet apport reste toutefois limité.

NB : De nombreuses substances additives augmentent la teneur en iode des aliments tels que l’iodate dans le pain, et ne sont pas à négliger dans l’alimentation humaine.

Vous l’aurez compris, l’iode se trouve principalement dans les produits animaux (même si l’apport reste limité). Pour les régimes végétariens et végétaliens il est donc indispensable de veiller à consommer des produits laitiers et des œufs (pour les végétariens) ou de vous supplémenter via des compléments alimentaires pour les végétaliens.

  • Le sel : L’utilisation du sel iodé est le principal moyen de prévention utilisé. Il a été sélectionné comme vecteur d’iode car sa consommation est régulière et large, ne coûte pas chère et est disponible pour quasiment toute la population.

Néanmoins, il représente un apport en iode très limité voire insuffisant. En effet, la quantité d’iode prévue est trop faible et permet uniquement d’éviter l’apparition d’un goître (mais pas d’une carence). De plus, il faut savoir que l’iode s’évapore très vite ce qui signifie que la quantité affichée sur le produit ne représente que la quantité présente juste après la production. Enfin, le sel contient beaucoup de Chlore (NaCl) qui, comme dit précédemment, est en direct concurrence avec l’iode et empêche son assimilation. Le sel de table ionisé est complètement dénaturé ce qui n’en fait pas un aliment favorable. Il est donc préférable de se tourner vers des sels marins ou de l’Himalaya (qui ne contiennent pas d’iode) puisque dans tous les cas, le sel ne comblera pas les carences.

  • Les compléments alimentaires: Malgré la consommation de sel iodé et d’aliments sources d’iode, il arrive souvent que ces apports soient insuffisants. La recommandation journalière est de 150 à 200µg. L’iode en complément se prend souvent sous forme d’iode pur ou d’algues marines (Kelp). Le but est de voir comment votre organisme réagit à cet apport, surtout si vos apports étaient faibles auparavant (il ne faut pas dépasser les 4mg).

Attention à votre apport en sélénium. Il joue un rôle très important dans la synthèse des hormones thyroïdiennes également. Se supplémenter en iode alors qu’on est également déficient en sélénium peut aggraver les conséquences de la carence de départ. En revanche, vous supplémenter en sélénium ou avoir un apport normal en ce minéral favorisera l’absorption de l’iode.

III Conclusion

L’iode est un oligoélément pilier de notre organisme. En contrôlant la synthèse des hormones thyroïdiennes, il contrôle absolument tous les mécanismes du corps. Ainsi, de ce point de vue, l’iode apparaît comme un élément vital dont l’apport doit obligatoirement être régulier et suffisant. La carence en iode est partout et touche toute la population.

Celle-ci n’est pas causée par un manque d’apport mais par tous les polluants (halogènes, métaux lourds…) qui perturbent son assimilation et son utilisation par l’organisme nous laissant en situation de carence.

Différents moyens de prévention pour lutter contre cette carence ont été mis en place (enrichissement en iode des sels de table) mais ne sont actuellement pas suffisants pour combler ce déficit. Ainsi, la supplémentation semble être la meilleure option actuelle pour subvenir à nos besoins bien que celle-ci doit être faite avec précaution afin d’éviter tout état d’excès pouvant conduire, lui aussi, à des déséquilibres hormonaux graves.

Qui est Fytness Break?
Coach, athlète, pratiquant depuis 13 ans, je me suis spécialisé dans la transformation physique, le développement musculaire et la perte de poids.

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